Le naufrage financier et industriel d’Areva

Le titre du géant français du nucléaire Areva s’effondre ce mercredi matin à la Bourse de Paris après l’abandon de ses objectifs 2014 et la suspension de ses perspectives financières pour les deux années suivantes. La valeur, qui reprenait sa cotation après avoir été suspendue mardi après-midi, perdait 17,50 % à 9,96 euros.

Rappelons que le groupe a déjà avait annoncé au premier trimestre une très lourde perte de 694 millions d’euros, avec une activité en forte chute dans le domaine nucléaire. Le LEADERmondial du secteur paie le surcoût de la construction du réacteur de nouvelle génération EPR en Finlande et l’acquisition de mines d’uranium surpayées du temps d’Anne Lauvergeon, l’ancienne présidente, et qu’il a fallu provisionner.

La structure de direction du groupe contrôlé à hauteur de 83 % par l’État (par l’intermédiaire du CEA) est en effet largement responsable des difficultés du groupe, liées à une irresponsabilité COMPLÈTE des dirigeants, à des luttes politiques incessantes à l’intérieur de la maison et à une dépendance malsaine vis-à-vis d’EDF également contrôlé par l’État à hateur de 84,5 %.

À ceci s’ajoute désormais une situation financière exécrable. Depuis 2005, la trésorerie fond pratiquement à chaque exercice et les perspectives d’amélioration font aujourd’hui COMPLÈTEMENT défaut. La dette nette atteignait 4,7 milliards d’euros à l’issue du premier semestre, davantage que les capitaux propres (4 milliards). S&P attribue au groupe la note de crédit BBB- et la perspective négative pourrait aboutir à un déclassement dans la catégorie des «junk bonds». Faute de redressement, le groupe a besoin d’être recapitalisé: or, l’émission d’obligations hybrides que projetait la direction n’est toujours pas intervenue et sa mise en oeuvre devient de plus en plus délicate à mesure que les difficultés s’accroissent.

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